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Accueil > Enjeux sociétaux > Animalisme

Animalisme

Présentation

L’animalisme est un mouvement de pensée qui se caractérise par la défense des animaux et de leurs intérêts pour eux-mêmes, autres considérations (écologiques, humanistes, etc.) mises à part.

L’animalisme est un courant de l’éthique qui, en s’appuyant sur les avancées de l’éthologie, défend les droits des animaux non-humains. L’animalisme met en avant le fait que les animaux non-humains sont des êtres sensibles capables de souffrir et sont, par-là même, dignes de considération morale de la part des êtres humains.

En éthique, un agent moral est un être qui peut être tenu responsable de ses actes et qui, par extension, à des droits et des devoirs. Un patient moral, quant à lui, est un être qui ne peut être tenu responsable de ses actes et qui, s’il n’a logiquement pas de devoirs, peut néanmoins posséder certains droits.

L’animalisme conteste les différences de droits accordés aux patients moraux selon qu’il s’agisse d’un animal humain ou non-humain. En effet, un patient moral non-humain n’a pour ainsi dire aucun droit alors que, dans le cas d’un patient moral humain (enfant mineur, handicapé mental, malade d’Alzheimer, …), ce n’est pas parce qu’il n’est pas un agent moral que les agents moraux sont dispensés de devoirs envers lui.

L’animalisme propose de considérer que les animaux, humains et non-humains, doivent être considérés comme des individus protagonistes d’une vie envers lesquels nous avons le devoir de respecter certains droits fondamentaux (ne pas les tuer, ne pas les enfermer et ne pas les torturer) s’ils présentent au moins une de ces caractéristiques [1]:

  • sont capables de percevoir et de se souvenir ;
  • ont des croyances, des désirs et des préférences ;
  • sont capables d’agir intentionnellement afin de poursuivre leurs désirs ou leurs buts ;
  • sont sentients et ont une vie émotionnelle ;
  • ont une perception du futur, dont leur futur propre ;
  • ont une identité psychophysique sur la durée ;
  • font l’expérience d’un bien-être propre.

Ces critères constituent une condition suffisante pour accorder une valeur propre intelligible à ces individus, valeur propre égale qu’ils soient agents ou patients moraux et, dans le dernier cas, qu’ils soient humains ou non-humains. L’injustice survient alors quand, dans une relation entre plusieurs individus, la valeur d’au moins un de ces individus est relativisée et dépendante de son utilité et de son intérêt pour les autres.

Toujours déjà piégés dans la catégorie alimentaire, ceux-là n’existent pas pour eux-mêmes [2].
Florence Burgat

 

Notes et références
  1. Tom Regan, The Case for Animal Rights, University of California, 1983, p. 264.
  2. Florence Burgat, L’Humanité carnivore, 2017
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