Pourquoi cette remarque est fallacieuse

Chaque enfant démarre dans la vie avec la manière de vivre, d’être et de penser de ses parents. En grandissant, chacun est ensuite libre de choisir son propre mode de vie et de former ses propres convictions.

Ainsi, tous les parents, qu’ils soient carnistes, véganes ou autre, « imposent » (il serait plus juste de dire « construisent ») nécessairement l’ensemble de ce qui constitue la vie physique, mentale et émotionnelle de leurs enfants à l’image de leurs vies respectives.

Cette remarque est donc fallacieuse car elle reproche spécifiquement aux véganes un comportement commun à l’ensemble des parents.

 

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Il semble toutefois que le fait que les carnistes imposent une alimentation carnée à leurs enfants soit épargné par tout jugement alors que le fait que les véganes imposent une alimentation végétale à leurs enfants soit mal perçu.

Cette différence repose sur l’idée que, contrairement à une alimentation carnée, inclure une alimentation végétale dans l’éducation d’un enfant reviendrait à lui imposer une alimentation incomplète en termes de santé et de plaisir ; donc à lui imposer, contre son gré, des privations dont il gardera des traces même s’il décide de ne pas suivre ce mode de vie en grandissant. En définitive, un parent végane donnant une alimentation végétale à son enfant est vu comme une personne faisant passer ses convictions personnelles avant la santé et le bien-être de l’enfant en lui imposant prématurément un choix de qualité moindre qui devrait, de toute façon, lui revenir une fois adulte.

La santé

Le préjugé sur l’alimentation végétale qui serait incomplète et donc dangereuse pour la santé découle d’une confusion entre aliment et nutriment qui peut amener à croire qu’il faudrait manger de tout pour être bonne santé. Dans les faits, une alimentation végétale bien planifiée et complémentée en vitamine B12 est viable pour toutes et tous à tous les âges de la vie, nourrissons inclus. Il ne s’agit pas d’une conviction personnelle mais de la prise en compte du consensus scientifique sur le sujet (XXX).

Le plaisir

L’alimentation végétale est très mal connue du grand public et est souvent associée aux régimes minceurs. Elle est perçue comme étant moins gourmande. Dans l’imaginaire collectif, un « bon vivant » est d’ailleurs une personne ayant une alimentation riche en viandes et en fromages.

Cette crainte de voir un enfant privé du plaisir de manger est légitime, mais découle d’une méconnaissance de l’alimentation végétale et de la non prise en compte de la dimension éthique.

Premièrement, l’alimentation végétale est riche d’une diversité insoupçonnée, et d’innombrables livres et sites de recettes sont là pour nous le rappeler. Pour ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de se lancer dans une grande redécouverte, les alternatives végétales (laits, yahourts, glaces, nuggets, steaks, cordons bleus, boulettes, etc.) sont chaque jour plus nombreuses et qualitatives.

Deuxièmement, l’alimentation végétale procure un plaisir qui va au-delà du plaisir gustatif. Les véganes tirent une grande fierté de ne pas contribuer à l’exploitation et à la mise à mort de milliards d’animaux par an, et donner à ses enfants les clés d’un mode de vie plus empathique est non négligeable.

Celui qui choisi

on apprends aux enfants à ne pas jeter les détritus par terre dans la rue ou sur la plage, on ne leur demande pas leur avis, on leur impose de ne pas dégrader l’espace commun.

Comment laisser le choix à son enfant une fois qu’il est devenu adulte ? Cette question est complexe car deux réponses opposées sont possibles : laisser à l’enfant la possibilité d’un choix futur en lui imposant une pratique aujourd’hui, ou laisser à l’enfant la possibilité d’un choix futur en ne lui imposant pas une pratique aujourd’hui.

Dans le premier cas, laisser ouvert un choix futur à l’enfant revient à lui imposer quelque chose aujourd’hui. C’est par exemple le cas du sport, pratique qui lui est imposée pendant sa jeunesse et qu’il décidera ensuite de poursuivre ou non une fois devenu adulte.

Dans le second cas, laisser ouvert un choix futur à l‘enfant revient à ne pas lui imposer quelque chose aujourd’hui. C’est par exemple le cas d’un tatouage, pratique qui ne lui est pas imposée pendant sa jeunesse et qu’il décidera ensuite d’adopter une fois devenu adulte.

Généralement, imposer X est socialement acceptable quand la société considère que X est un avantage sélectif (santé, école, beauté, etc.).

La qualité du choix

Concrètement, les carnistes les force à manger des animaux et leur mente à ce sujet. Au moins, une fois adulte il peu faire un choix avec les vrais inputs éthique, santé et environnementaux et pas juste une version idéalisée.

Et puis bon, on parle de choix mais il n’y a aucune raison pour qu’un enfant qui n’a pas financé de mises à mort inutiles décident d’en financer une fois adulte. S’ils avaient le choix, pensez vous qu’ils préféreraient faire poignarder des animaux dans le cou après une vie de torture ?

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« Le véganisme éthique n’a rien d’extrême. Ce qui est extrême c’est d’encourager nos enfants à aimer les animaux tout en leur apprenant que ceux qu’ils aiment sont aussi ceux à qui ils peuvent faire du mal » Francione

Dans tous les cas, de l’interdiction de la consommation de viande à celle d’assister à une corrida, il ne s’agit pas d’interdire à l’enfant mais bien de le protéger de la violence. Personne n’aurait l’idée d’emmener une classe de primaire faire une sortie scolaire à une corrida ou dans un abattoir.
 

Notes et références

A venir.
 

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