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Accueil > Éthique & société > Véganisme

Véganisme

Présentation

Le véganisme est un mode de vie qui cherche à exclure, autant que faire se peut, toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux sentients.

Notre rapport aux animaux et, par extension, le rapport des animaux au monde, est un questionnement qui a animé la vie intellectuelle de chaque époque. Durant l’Antiquité avec Pythagore [1], Porphyre [2], Plutarque [3] ou Platon [4], la Renaissance avec Montaigne [5], les Lumières avec Voltaire [6], Rousseau [7] ou Bentham [8] puis, de manière plus contemporaine, avec Louise Michel [9], Martin Heidegger [10], Jacques Derrida [11], Albert Schweitzer [12], Théodore Monod [13], Marguerite Yourcenar [14] ou Peter Singer [15], de nombreux penseurs ont été amené à défendre un régime végétarien et la richesse de la vie mentale et émotionnelle animale, voir même déjà l’idée de droits pour les animaux.

Depuis que la vitamine B12 a été purifiée et isolée en 1948 [16] l’humain peut se satisfaire d’une alimentation végétalienne sans produits issus de l’exploitation animale (viande, produits laitiers, œufs, etc.) et, plus globalement, d’un mode de vie sans consommation de produits d’origine animale au sens large (cuir, fourrure, etc.). Dès lors, s’est faite plus pressante la question de savoir si cette exploitation animale à grande échelle, non nécessaire à la santé humaine, perpétuant des logiques de domination, très polluante et engendrant de nombreuses souffrances pour les animaux exploités avait encore une raison d’être ?

Sans remettre en cause l’importance historique que l’exploitation animale a pu avoir dans le développement des sociétés et des conditions de vie humaines, le véganisme est la prise de conscience qu’aujourd’hui, non, l’exploitation animale n’a plus de raison d’être ; qu’elle est évitable et qu’elle doit donc être évitée.

Si le véganisme s’inscrit généralement dans le cadre de la théorie globale du rapport entre les humains et les autres animaux sentients qu’est l’antispécisme, il consiste en premier lieu à effectuer des choix de consommation qui tiennent compte des externalités négatives sur les autres animaux. Autrement dit, le véganisme c’est faire de son mieux pour ne pas nuire à autrui en l’absence de nécessité.

 

Au quotidien

Consommer végane c’est ne plus seulement se demander « en ais-je envie ? » mais aller plus loin et se demander également :

  1. La production de ce bien ou service génère-t-elle des souffrances ?
  2. Si oui, ce bien ou service est-il nécessaire ?
  3. Si oui, des alternatives existent-elles ?

Ces questions peuvent se poser dans tous les domaines suivants :

Alimentation

De nombreux plats de l’alimentation traditionnelle sont basés, de part leurs ingrédients ou la production de ces ingrédients, sur des produits d’origine animale tels que :

  • les animaux terrestres et leurs dérivés (gélatine, présure animale, hormones, bouillon de viande, etc.)
  • les animaux marins, les mollusques, les crustacés et leurs dérivés (sauce, etc.)
  • les laits animaux et leurs dérivés (fromages, crème, beurre, lactose, etc.)
  • les œufs et leurs dérivés (poudre de blanc d’œuf dans les préparations industrielles, etc.)
  • le miel et produits issus de l’exploitation des abeilles (cire, gelée royale, propolis, etc.)

Passer à une alimentation végétale est viable pour tous, mais cela nécessite de prendre de nouvelles habitudes alimentaires. Vous trouverez toutes les clés d’une alimentation végétale variée, saine et équilibrée dans la rubrique nutrition.

Mode

Certains vêtements, chaussures, accessoires de mode ou bijoux peuvent contenir du cuir, de la fourrure, de la laine, de la soie, des plumes, des os, etc.

Logement

Certains canapés, tapis, draps, couettes, oreillers, objets de décoration, etc. peuvent contenir du cuir, de la fourrure, de la laine, de la soie, des plumes, des os, etc.

Cosmétiques

Certains produits cosmétiques peuvent avoir été testés sur animaux, et certains peuvent contenir des ingrédients d’origine animale comme des graisses, du collagène, de la kératine, de l’élastine, de la cire d’abeille, de la gelée royale, de la propolis, etc.

Divertissement

Certains divertissements comme la corrida, les zoos, les parcs aquatiques et d’attractions, la chasse, la pêche, les lâchés d’animaux, l’équitation, les cirques avec animaux, les courses de chevaux, les combats d’animaux, les feux d’artifices, les lâchés de ballons, les manèges avec des animaux vivants, les événements exposant des animaux, etc. peuvent nuire plus ou moins sévèrement aux animaux.

Recherche

Certaines recherches médicales, expérimentales, fondamentales, astronomiques, agroalimentaires, etc. sont faites au détriment d’animaux.

Élevage

Les élevages destinés à la commercialisation d’animaux de compagnie ou d’agrément comme les élevages de chats, de chiens, d’oiseaux, de souris, de cochons d’Inde, de poissons, etc.

Aide à la personne

Les chiens d’aveugles, etc.

Aide au travail

Les chevaux de trait, les cochons truffiers, les chiens démineurs, etc.

Transport

Certains moyens de transports comme les calèche tirées par des chevaux ou des ânes, mais aussi certaines parties de moyens de transports qui peuvent contenir du cuir comme les sièges de voitures, les tableaux de bord, etc.

Art

Certains films ou clips faisant appels à des animaux dressés ainsi que certains pinceaux en poils d’animaux ou instruments en peau ou en os, etc.

 

Notes et références
  1. Aucun écrit direct de Pythagore ne nous est parvenu, mais il est connu et bien documenté que tous ses disciples, les pythagoriciens, étaient végétariens pour un ensemble de raisons plus ou moins théologique réunies dans une philosophie de vie basée sur la non violence. Le poète Ovide rapporte certains de ses enseignements dans ses Métamorphoses parues au Ier siècle : « Hélas ! Quel crime n’est-ce pas d’engloutir des entrailles dans ses entrailles, d’engraisser son corps avide avec un corps dont on s’est gorgé et d’entretenir en soi la vie par la mort d’un autre être vivant ! Quoi donc ? Au milieu de tant de richesses que produit la terre, la meilleure des mères, tu ne trouves de plaisir qu’à broyer d’une dent cruelle les affreux débris de tes victimes, dont tu as rempli ta bouche, à la façon des Cyclopes ? Tu ne peux, sans détruire un autre être, apaiser les appétits déréglés de ton estomac vorace ? ».
  2. Porphyre de Tyr, De l’abstinence paru vers 271
  3. Plutarque, De esu carnium écrit entre 72 et 126 ap. J.-C. : « Nous, civilisés qui vivons sur une terre cultivée, riche, abondante, nous n’avons aucune raison de tuer pour manger ».
  4. Platon, La République, paru vers 380 avant J.-C., II, 373b dans lequel il évoque directement l’augmentation des maladies et des surfaces cultivées liées à la consommation de viande : « – Et il nous faudra encore des porchers ! Tout cela ne se trouvait pas dans notre première cité, aussi bien n’en avait-on pas besoin, mais dans celle-ci ce sera indispensable. Et nous devrons y ajouter des bestiaux de toute espèce pour ceux qui voudront en manger, n’est-ce pas ? – Mais, en menant ce train de vie, les médecins nous seront bien plus nécessaires qu’auparavant. – Beaucoup plus. – Et le pays, qui jusqu’alors suffisait à nourrir ses habitants, deviendra trop petit et insuffisant. Qu’en dis-tu ? – Que c’est vrai, répondit-il. »
  5. Montaigne, Essais, Livre II, chapitre 12 « Apologie de Raimond Sebond », parus en 1595.
  6. Voltaire, Il faut prendre un parti, ou le principe d’action écrit en 1772 : « Il ne leur manque que la parole ; s’ils l’avaient, oserions-nous les tuer et les manger ? Oserions-nous commettre ces fratricides ? Quel est le barbare qui pourrait faire rôtir un agneau, si cet agneau nous conjurait par un discours attendrissant de n’être point à la fois assassin et anthropophage ? Il n’est que trop certain que ce carnage dégoûtant, étalé sans cesse dans nos boucheries et dans nos cuisines, ne nous paraît pas un mal, au contraire, nous regardons cette horreur, souvent pestilentielle, comme une bénédiction du Seigneur et nous avons encore des prières dans lesquelles on le remercie de ces meurtres. Qu’y a-t-il pourtant de plus abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ? ».
  7. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes paru en 1755 : « Il semble, en effet, que si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible ; qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre ».
  8. Bentham, An Introduction to Principles of Morals and Legislation publié en 1789 : « La question n’est pas : « Peuvent-ils raisonner ? », ni « Peuvent-ils parler ? », mais « Peuvent-ils souffrir ? ».
  9. Louise Michel, Mémoires paru en 1886 : « Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant à s’enfouir sous la terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par l’homme. Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. […] C’est que tout va ensemble, depuis l’oiseau dont on écrase la couvée jusqu’aux nids humains décimés par la guerre. […] Et le cœur de la bête est comme le cœur humain, son cerveau est comme le cerveau humain, susceptible de sentir et de comprendre. ».
  10. Martin Heidegger, Les concepts fondamentaux de la métaphysique : monde-finitude-solitude, traduction par D. Panis, Gallimard, 1992
  11. Jacques Derrida, L’Animal que donc je suis, Galilée, 2006
  12. Albert Schweitzer, La civilisation et l’éthique paru en 1923 et Ma vie et ma pensée paru en 1931 dans lequel il précise : « Seule l’éthique universelle des sentiments de la responsabilité élargie, étendue à tout ce qui vit, peut se fonder sur la pensée. L’éthique du comportement de l’homme envers les humains n’est qu’un fragment d’éthique ».
  13. Théodore Monod, Terre et Ciel – Entretiens avec Sylvain Estibal, paru en 1997, page 151 : « L’extrême frugalité caractérise mon régime alimentaire. Je me nourris de pain, de pâtes, de fromage et de fruits. Et effectivement j’ai renoncé à la viande. D’une part pour faire une expérience physiologique : prouver que l’homme est capable d’efforts considérables au Sahara avec un peu de riz, une poigné de dattes, quelques gorgées d’eau ou de thé. Mais également pour protester contre l’égorgement à vif des animaux ».
  14. Marguerite Yourcenar, une anecdote célèbre est rapportée par les professeurs d’esthétique à la Sorbonne Murielle Gagnebin et Julien Milly dans leur livre Les Images honteuses paru en 2006 : « A une journaliste qui lui demandait pourquoi elle était végétarienne, Marguerite Yourcenar répondit sèchement : ‘Je ne vois pas comment je pourrais digérer de l’agonie' ».
  15. Peter Singer, Animal liberation paru en 1975 et Practical ethics paru en 1979.
  16. Société chimique de France, Vitamine B12
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