Présentation

L’animalisme est un mouvement de pensée prônant la défense des animaux et de leurs intérêts pour eux-mêmes, autres considérations (écologiques, humanistes, etc.) mises à part.

A la frontière de l’éthique et de l’écologie et s’appuyant sur les avancées de l’éthologie, l’animalisme défend les animaux et leurs intérêts pour eux-mêmes. En cela, il s’oppose à l’humanisme selon lequel les intérêts humains sont la mesure de toute chose et les animaux des ressources dont la seule finalité est la satisfaction de ces intérêts.

En ce sens, l’animalisme est la facette animale de l’écologie profonde, une philosophie écologiste contemporaine conceptualisée par le philosophe norvégien Arne Næss [1] qui se caractérise par la défense de la valeur intrinsèque des êtres vivants et de la nature, c’est-à-dire d’une valeur indépendante de leur utilité pour les êtres humains.

L’animalisme propose de considérer que les animaux, humains et non-humains, doivent être considérés comme des individus protagonistes d’une vie envers lesquels nous avons le devoir de respecter certains droits fondamentaux (ne pas les tuer, ne pas les enfermer, ne pas les faire souffrir, etc.) s’ils sont sentients et sont, par-là même, des individus moraux.

Il existe deux classes d’individus moraux en éthique, les animaux non-humains appartenant à celle des « patients moraux » :

  • Les agents moraux : les êtres qui peuvent être tenus responsables de leurs actes et qui, par extension, ont des droits et des devoirs.
  • Les patients moraux : les êtres qui ne peuvent être tenus responsables de leurs actes et qui, s’il n’ont logiquement pas de devoirs, peuvent néanmoins posséder certains droits.

L’animalisme conteste les différences de droits accordés aux patients moraux selon qu’il s’agisse d’un animal humain ou non-humain. En effet, un patient moral non-humain n’a pour ainsi dire aucun droit alors que, dans le cas d’un patient moral humain (enfant mineur, handicapé mental, malade d’Alzheimer, …), ce n’est pas parce qu’il n’est pas un agent moral que les agents moraux sont dispensés de devoirs envers lui.

La sentience est une condition suffisante pour accorder une valeur propre intelligible à ces individus, valeur propre égale qu’ils soient agents ou patients moraux et, dans le dernier cas, qu’ils soient humains ou non-humains. L’injustice survient alors quand, dans une relation entre plusieurs individus, la valeur d’au moins un de ces individus est relativisée et dépendante de son utilité et de son intérêt pour les autres.

Toujours déjà piégés dans la catégorie alimentaire, ceux-là n’existent pas pour eux-mêmes [2].
Florence Burgat
 

Notes et références

  1. A. Naess, The Shallow and the Deep, Long-Range Ecology Movement, Inquiry, n°16, 1973, p. 95-100
  2. Florence Burgat, L’Humanité carnivore, 2017