Pourquoi cette remarque est fallacieuse

Cette remarque est un homme de paille. En effet, les véganes ne sont pas « contre le fait de tuer des animaux » mais bien contre le fait de tuer volontairement et sans nécessité des animaux sentients. La différence est majeure car, s’il peut arriver de tuer un animal sentient par accident ou manque d’alternative, cela est incomparable avec le fait d’en tuer un intentionnellement, avec préméditation et sans nécessité.

La notion d’intentionnalité est centrale dans la différentiation entre, d’un côté, une mort volontaire pour laquelle davantage d’efforts sont déployés que pour ne pas ne tuer (abattoir, chasse, pêche, divertissement, etc.) et, de l’autre côté, une mort accidentelle ou quasi inévitable (accident de voiture, labour, etc.). En effet, un système dont l’objectif avoué est de tuer les animaux sentients est incomparable à un système dans lequel la mort n’est pas un objectif et où ces mêmes animaux peuvent tout au plus être victimes d’accidents ou tués par manque d’alternative (et dans lequel des alternatives sont activement recherchées).

Ainsi, l’idée n’est pas de dire qu’il est plus grave de tuer une vache que de tuer une souris, l’une pour la manger et l’autre en labourant, mais bien que la mise à mort intentionnelle et délibérée est plus grave que la mort accidentelle. C’est d’ailleurs la thèse défendue par l’humanité envers les siens et l’un des principes de base de notre système judiciaire.

Cette remarque est donc fallacieuse comme homme de paille car elle occulte la sentience des victimes, la notion de nécessité et l’intentionnalité de la mort dans le système carniste.

 

Pour aller plus loin

Cette remarque est également fallacieuse car elle vise à justifier l’action de tuer des animaux par le fait que d’autres tuent aussi des animaux. Il s’agit d’un sophisme de la double faute visant à justifier ou à relativiser une mauvaise action par le fait qu’une autre mauvaise action est commise.

Par ailleurs, que ce soit via l’exploitation animale directe (abattoir, chasse, pêche, divertissement, etc.) ou indirecte (surfaces cultivées pour nourrir les animaux d’élevage, consommation d’eau, pollution due aux déjections animales, etc.), le nombre d’animaux sentients tués chaque année en moyenne par carniste est bien plus élevé que le nombre d’animaux sentients tués accidentellement chaque année en moyenne par végane.

Cette remarque reste donc fallacieuse comme sophisme de la double faute et sous l’angle du nombre de victimes car elle compare deux nombres de morts largement inégaux.

 

Notes et références

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