Une question légitime

Nous avons l’habitude de consommer un mix d’aliments d’origine animale et d’aliments d’origine végétale. Interroger ces habitudes de consommation sous l’angle de la souffrance infligée aux êtres vivants qui finissent dans nos assiettes peut être déstabilisant. Comment savoir ce qu’ont vécus les animaux dans les élevages et les abattoirs ? Quelles sont les pratiques qui les ont fait souffrir ? Les plantes sont également des êtres vivants, souffrent-elles aussi ?

Diminuer sa consommation de produits d’origine animale implique logiquement d’augmenter celle de produits d’origine végétale.

https://www.cahiers-antispecistes.org/quelques-reflexions-au-sujetde-la-sensibilite-que-certainsattribuent-aux-plantes/
http://fcmconference.org/img/CambridgeDeclarationOnConsciousness.pdf
http://www.univ-tln.fr/IMG/pdf/declaration-de-toulon-29032019.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Cambridge_sur_la_conscience

Qu'en disent les scientifiques ?

L’association International d’Étude de la Douleur (IASP) définit la douleur comme « une sensation et une expérience émotionnelle désagréable en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle ou décrites en ces termes » (1).

Il n’existe, dans l’état actuel des connaissances, aucun exemple de souffrance des plantes dans la littérature scientifique. Les plantes ne sont donc pas reconnues comme des êtres pouvant éprouver des émotions et ayant une capacité à souffrir.

En 2019, la revue scientifique de référence Trends in Plant Science a publiée un avis concluant que la probabilité que les plantes possèdent une conscience peut être considérée comme nulle et que, d’un point de vue évolutionniste, les plantes n’auraient que faire d’une conscience (3).

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Par contre, la capacité à souffrir des animaux est clairement établie. Ce consensus a donné lieu à deux actes de reconnaissances importants, la Déclaration de Cambridge de 2012 (4) et la déclaration de Toulon de 2019 (5).

L’Association internationale pour l’étude de la douleur définit la douleur comme « une sensation désagréable et une expérience émotionnelle en réponse å une atteinte tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes ». Or, les termes de cette définition (la sensation, l’expérience émotionnelle) ne se rapportent qu’å un caractére psychologique qu’il est impossible de Cerner ou d’appliquer en tant que praticien vétérinaire, chercheur en biologie ou chercheur en zootechnie mais aussi en tant que psychiatre, gériatre ou pédiatre face l’autre humain qui ne peut s ‘exprimer, et parfois qui ne réagit pas ou ne Peut réagir. Comment pouvons-nous alors savoir qu’une sensation est désagréable pour tel animal, comment pouvons-nous savoir ce qu’est une expérience émo- tionnelle chez un Chien Ou un cheval, eux qui Sont privés de langage ? Dans le cas des animaux, l’ Association internationale nous propose une autre version de cette définition de la douleur en nous disant que « la douleur est une expérience sensorielle aversive causée par une atteinte réelle ou potentielle qui provoque des réactions motrices et végétatives protectrices, conduit å I ‘apprentissage d’un comportement d’évitement et Peut modifier le comportement spécifique de I ‘espece, y compris le comportement social ». Nous voilå donc bien dans une étude du comportement animal, puis- qu’il est å la fois fonction de chaque espece et constitue également un comoortement d’évitement d ‘une esDéce donnée. En auelQue sorte. cette double définition nous indique que la douleur humaine est essentiellement déclinée en termes de sensations et de réactions — décrites par le porteur de la sensation — mais la douleur animale n’est décrite qu’en termes de réactions å un stimulus donné, qu’il soit interne ou externe. (2)

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Si les plantes sont effectivement capables de percevoir les lésions et les agressions extérieures, voir d’en guérir et de s’en protéger, ces mécanismes sont des mécanismes de communication intercellulaire qui n’ont rien de plus complexe qu’une réaction inflammatoire de mammifère, qui n’a rien de conscient. En cas de coupure, votre peau cicatrisera sans pour autant avoir d’activité émotionnelle et subjective, il en est de même chez les plantes.

Les plantes, comme tout organisme vivant, sont capables de résister à des agressions extérieures, que ce soit les variations de températures, la consommation des animaux sauvages, les pathogènes, etc. C’est largement étudié et le publications sont nombreuses (6)(7)(8).

Une plante n’est pas sentiente, il n’y a pas quelqu’un (un sujet individualisé au niveau physique, biologique et psychique) qui sent et qui ressent. Seul un être sentient possède une valeur propre irréductible à nos intérêts : celle qu’il accorde à ses propres expériences vécues à la première personne (ce qui lui arrive lui importe) et à sa vie au caractère à la fois unique et irremplaçable.

souffrent peut être, en science et en droit on part de l’hypothèse de l’absence tant qu’il n’y a pas de preuve.

Sources

(1) https://www.iasp-pain.org/Education/Content.aspx?ItemNumber=1698#Pain

(2) Penser le comportement animal : contribution à une critique du réductionnisme, Florence Burgat (directrice éditoriale), Natures sociales, janvier 2010

(3) Taiz L, Alkon D, Draguhn A, et al. Plants Neither Possess nor Require Consciousness. Trends Plant Sci. 2019;24(8):677-687. doi:10.1016/j.tplants.2019.05.008

(4) cambridge

(5) http://www.univ-tln.fr/Declaration-de-Toulon.html

(6) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32340374/

(7) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32560346/

(8) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32442407/